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Remonter aux sources

Le culte des morts existe dans presque toutes les cultures. Il est étroitement lié aux croyances primitives sur l'âme des défunts et dérive de la nécessité de la sépulture. Pour les générations premières, une âme sans tombeau était une âme sans domicile fixe, sujette à l'errance. On croyait qu'à la mort, l'âme se dégageait de sa dépouille charnelle pour continuer à vivre à côté des vivants, dans leur voisinage, et à mener une sorte d'existence mystérieuse dans un monde parallèle. Cette croyance fit naître l'explication que les fantômes pouvaient faire des apparitions plus ou moins soudaines dans le monde des vivants. Aussi, pour apaiser le repos des âmes, on eut recours à l'enterrement des dépouilles afin que l'âme cesse d'errer ici et là et qu'elle se fixe dans une nouvelle demeure souterraine. La nécessité d'une sépulture en bonne et due forme apparut comme l'une des exigences des morts ayant droit au repos éternel. De même, la coutume d'inscrire l'expression «ci-gît» ou «ici repose» sur les monuments funéraires serait une allusion à la nécessité de rattacher l'âme à un lieu fixe. Le culte des morts serait né des pratiques liées à l'enterrement auxquelles s'ajoutèrent prières et hommages.

Chez les Latins de l'Ancienne Rome, il y avait deux fêtes qui célébraient les morts. La feralia était la fête des morts et se déroulait en plein air par des cérémonies commémoratives et des prières. On se rendait sur les tombes pour les garnir de fleurs. Quant à la caristia, c'était l'équivalent de la Toussaint mais cette fête suivait le Jour des morts au lieu de la précéder.

De tradition celtique, la fête des morts est antérieure au christianisme. Ce n'est qu'en 1048 que le 2 novembre fut officiellement choisi par l'Église comme jour de tous les trépassés à l'instigation de l'abbé du Cluny saint Odilon. Un décret ordonna que tous les monastères de la congrégation de Cluny célèbrent annuellement cette journée afin que la mémoire des âmes du purgatoire soit successivement associée à la mémoire de tous les saints. La réunion de ces deux fêtes réalisait ainsi pour le christianisme la croyance en la «communion des saints». S'il n'a pas inventé l'idée de rendre hommage aux morts, le décret de Cluny a sans doute favorisé la diffusion du 2 novembre comme fête des morts. Celle-ci se répandit d'abord en France puis s'imposa graduellement en Allemagne, en Angleterre puis en Espagne entre le XIe et le XIVe siècle.

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