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De coutume en culture

Plusieurs peuples et cultures craignent la mort et les morts. Selon certaines croyances, ces derniers ont le pouvoir de s'immiscer dans le monde des vivants pour demander de l'aide ou pour racheter les fautes qu'ils auraient commises lors de leur passage sur la terre. On prend ainsi grand soin de s'occuper des âmes du purgatoire afin de hâter leur purification et faciliter leur passage mais surtout pour éviter leur apparition soudaine dans la vie quotidienne. Tout au long de l'année, on prie pour les défunts. Lorsque l'Église institua un jour particulier pour la dévotion aux âmes du purgatoire, les Chrétiens purent ainsi prier pour tous les morts afin que personne ne fut délaissé.

Le jour des Morts commence par une messe à laquelle tous les fidèles sont conviés. Des prières particulières sont dédiées à tous les défunts, spécialement ceux morts dans l'année. À l'église, on sonne le glas une partie de la journée et tous les ornements apparents sont noirs, la couleur liturgique de la mort. Les offices célébrés le 2 novembre font partie d'un groupe appelé messes de Requiem. Tout de suite après la messe, on assiste à la criée des âmes sur le parvis de l'église. Après la criée, c'est habituellement le moment des visites au cimetière où chacun se recueille sur les tombes des défunts. L'habitude de décorer les monuments avec des couronnes de fleurs ou des simples bouquets de chrysanthèmes est généralisée mais le culte des morts semble plus important depuis la Première Guerre mondiale. Le reste de la journée est consacrée à des courtes visites à l'église pour prier à l'intention de certains défunts en particulier que l'on croit davantage dans le besoin. Des prières ou dévotions spéciales rapportent des indulgences, sorte de grâces ou rémission des péchés, qui comptent pour alléger le séjour d'une âme du purgatoire. La journée se passe ainsi dans le recueillement et la prière. On évite de travailler ce jour-là.

Des croyances populaires

En plus des coutumes centrées sur la prière, le jour des Morts a donné lieu à diverses croyances. Il est ainsi préférable de ne pas labourer la terre ce jour-là parce qu'il pourrait couler du sang des sillons. Il s'agit d'une allusion à la croyance du vendredi saint où il ne faut pas entailler les érables. Par analogie au travail du fossoyeur, on dit qu'il vaut mieux ne pas travailler la terre en général parce que l'on pourrait faire mal aux morts qui y vivent. Cette croyance est en lien avec la crainte de marcher sur les morts qui joncheraient le sol ce jour-là. Dans le même ordre d'idées, il ne faut ni bûcher, ni tuer des bêtes.

En Bretagne, on raconte que les bateaux ne prennent pas la mer le jour de Morts afin de commémorer le souvenir des victimes de la mer.

Une autre croyance est que les âmes des défunts visitent les lieux où ils ont vécu sur la terre, c'est-à-dire leurs maisons, leur lieu de travail. En signe de bienvenue et pour faciliter leur accueil, certains laissent les portes et fenêtres ouvertes tout au long de cette journée. La tradition orale regorge de récits légendaires qui racontent toutes sortes de faits autour des revenants et des fantômes. Parmi les plus connus, on note la récit de la messe du revenant souvent associé à la Toussaint où un prêtre était condamné à revenir sur terre dire une messe qu'il avait oublié de célébrer du temps de son vivant.

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