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À propos de...

Avant d'être décrétée Fête nationale des Québécois, la Saint-Jean-Baptiste a d'abord été une fête païenne puis une fête religieuse et enfin, une fête patriotique, du moins au Québec. Célébrée le 24 juin, la Saint-Jean-Baptiste est associée au solstice d'été, jour le plus long de l'année qui correspond habituellement au 21 ou 22 juin. Antérieures à la Saint-Jean-Baptiste, les fêtes du solstice d'été, tout comme celles du solstice d'hiver qui se produisent autour du 21 décembre, font l'objet de réjouissances collectives dédiées au soleil. Pendant ces quelques jours où le soleil est à son point le plus haut, on allume des feux sur les hautes terres une fois la nuit tombée pour prolonger par la lumière la clarté du jour. Véritables cultes solaires, les fêtes du solstice d'été chez les peuples anciens se passent sous le signe du feu qui symbolise la lumière. Devant la persistance de ces manifestations païennes, le christianisme institue avec prudence la fête de Saint-Jean-Baptiste dès le IVe siècle au jour le plus près du solstice d'été. Pour les chrétiens, le prophète Jean-Baptiste, appelé le Précurseur, a reconnu en Jésus celui qui sauverait le monde de tous ses péchés. La nomination de Jean-Baptiste au 24 juin est parfaitement symbolique. À la différence des autres fêtes, le 24 juin célèbre la naissance de Jean-Baptiste alors que les autres dates du calendrier liturgique renvoient toujours au jour de la mort du saint. L'Église qui cherche à honorer un saint à cette date voit Baptiste le Précurseur comme le saint idéal car sa vie est en quelque sorte le pendant de celle de Jésus, dont il est d'ailleurs l'annonciateur. Ce faisant, l'Église confirme au 25 décembre la Nativité de Jésus. La parole d'évangile prononcée par Jean-Baptiste se réalise alors : «Il faut que lui croisse et que moi je diminue» (Jean, III, 30). Plusieurs y ont vu une allusion à la déclinaison du soleil pendant le cycle annuel. Au solstice d'été, le soleil à son point le plus haut commence à décliner comme Jean-Baptiste a cédé sa place au Christ. À l'opposé, au jour de Noël, le soleil commence à croître tout comme l'Enfant Jésus qui vient de naître. C'est dans cette logique chrétienne que les fêtes du solstice d'été sont devenues, avec l'Église, la Saint-Jean-Baptiste, appelée communément la Saint-Jean à l'origine. Malgré tous les efforts pour christianiser cette fête, la Saint-Jean présente encore aujourd'hui des relents de paganisme dont elle tire la plupart de ses rites. Que l'on pense entre autres aux croyances magiques autour de l'eau et des herbes de la Saint-Jean ou encore, aux feux et aux bûchers comme élément central de la fête.

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