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Clin d’œil sur nos traditions

La fête de la Saint-Jean-Baptiste donne lieu à des pratiques corporelles curatives ou de protection. La cueillette des herbes de la Saint-Jean est une tradition à peu près disparue de nos jours malgré le retour en force des thérapies naturelles par les plantes. La nuit de la Saint-Jean, il est d'usage de récolter des herbes de toutes sortes auxquelles on attribue des vertus thérapeutiques. En France, pour que ces herbes conservent leur pouvoir curatif, il importe de les cueillir dans les vingt-quatre heures précédant la Saint-Jean, soit de midi le 23 juin jusqu'à la même heure le lendemain. Au Québec, il convient de s'approvisionner en plantes médicinales la veille de la Saint-Jean-Baptiste ou le jour même avant le lever du soleil car la croyance veut que tout comme le soleil, les plantes soient au meilleur de leur croissance à cette période de l'année. Parmi les plantes que l'on cueille, on trouve surtout des herbes odorantes comme la camomille ou la sauge, mais la plus connue est l'armoise commune (Artemesia vulgaris), plante de la famille de la marguerite. L'armoise pousse le long des rivières dans des sols bien drainés. C'est souvent à cette seule plante que fait référence le nom populaire d'herbe de la Saint-Jean. Pour soigner des maladies cutanés, on se baigne dans des cuves d'eau qui contiennent des herbes en grande quantité ou on les applique en cataplasme. À une époque où l'on a peu recours au médecin, ces herbes entrent dans la composition de plusieurs remèdes de médecine populaire. Une autre croyance attribue des pouvoirs curatifs à la rosée du matin du 24 juin, à l'instar de l'eau de Pâques et de l'eau du 1er mai. On conseille à ceux qui ont des maladies de peau de s'en imprégner. Cette croyance est généralisée à toutes les eaux de la Saint-Jean car elles possèdent toutes un caractère magique. Il est aussi d'usage de se baigner dans l'eau courante le jour de la Saint-Jean, ce qui est sensé assurer une bonne santé tout au long de l'année. À l'origine, cette coutume est sans doute liée à l'eau miraculeuse du baptême en souvenir du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain par Jean le Baptiste. Au Québec, la coutume a même donné lieu à une croyance négative selon laquelle il est dangereux de se baigner avant le 24 juin sous prétexte que l'eau est malsaine et peut occasionner des éruptions cutanées. À partir du 24 juin, l'eau semble soudainement redevenir normale. Une autre croyance mentionne aussi qu'à la Saint-Jean, personne ne peut se noyer. Jusqu'à tout récemment, la Saint-Jean marque le début de l'été, des vacances et de la saison des baignades. On considère qu'il fait assez chaud pour se baigner à l'aise. En réalité, la date de la première baignade au Québec est davantage liée à la température qu'au patron des Canadiens français.

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