RDAQ, Le Réseau de diffusion des archives du Québec.
 

Remonter aux sources

Le mot Épiphanie vient du grec epiphaneia et signifie apparition ou manifestation de Jésus-Christ. Dans l'Antiquité, on attribuait un caractère divin à certains souverains qu'on disait porteurs d'une révélation ; Jésus fut considéré par l'Église romaine comme un épiphane. Dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, il n'y a qu'une seule fête le 6 janvier qui célèbre à la fois Noël et l'Épiphanie. En l'an 354, le pape Libère fixe la naissance de Jésus au 25 décembre instaurant ainsi la fête de Noël. L'Église chrétienne de Rome distingue alors la Nativité de l'Adoration des Mages. Cependant, c'est aux peuples d'Orient que l'on doit l'origine des Mages et leur signification dans le cycle des fêtes religieuses catholiques.

Un peu d'histoire

L'histoire des Rois mages nous est parvenue par l'Évangile de Saint Matthieu qui raconte leur visite à Bethléem pour adorer Jésus et lui rendre hommage par l'offrande de présents. Le récit des Évangiles comporte certaines imprécisions au sujet de ces adorateurs : il ne mentionne en effet ni leur nombre, ni leur origine, ni leur état, ni leur nom. Il n'en fallait pas plus pour que la légende s'empare de ce récit et qu'elle comble les vides historiques en nommant les Rois et en leur donnant une apparence bien définie.

Le mot «mage» est d'origine indo-européenne. Il signifie «grand, illustre» ou encore «prêtre» ou «sage». Originaires de Perse, les Mages font partie d'une caste de prêtres, instituée au VIe siècle avant Jésus-Christ en Asie mineure, qui se répand dans plusieurs pays d'Orient. On les aurait retrouvé entre autres dans les contrées d'Arabie, de l'Inde, de l'Irak et de l'Afghanistan. Contrairement à ce que laisse entendre la tradition populaire, les Mages ne sont pas des rois. Ce sont des savants prêtres, serviteurs d'une prophétie annonçant la venue du Messie promis à Israël. Selon cette prophétie hébraïque, le Messie naîtrait enfant du sein d'une femme vierge et l'apparition de l'épiphane serait révélée par un signe du ciel, une étoile que les Mages devraient suivre. Ces savants sont non seulement dévoués à la prophétie mais ce sont aussi des hommes de sciences, médecins, mathématiciens, astronomes et astrologues. Chez les peuples d'Orient, une tradition consiste à offrir un présent lorsqu'on se présente devant un Roi. Les Mages adorateurs ne firent que se soumettre à l'usage prescrit lors de leur visite à Bethléem. Selon le récit de Saint Matthieu, ils ont offert trois présents: de l'or comme à un roi, de l'encens comme à un dieu et de la myrrhe comme à un homme mortel.

À l'origine, cette caste de prêtres compte douze Mages mais la tradition chrétienne la réduit au nombre de trois. Jusqu'à la fin du XVe siècle, l'imagerie religieuse les représente comme des hommes de race blanche. Puis, ils deviennent des personnages types et des figures symboliques. La légende en fait des rois d'Arabie qui rappellent les trois âges de la vie ainsi que les trois continents alors connus à cette époque: l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Melchior, le plus âgé des trois rois, est représenté avec une longue barbe blanche. C'est lui qui offre l'or, le plus précieux des métaux depuis toujours et le seul digne d'un roi. L'apparence de Gaspard (ou Caspar) est celle d'un jeune imberbe qui porte l'encens. Quant à Balthazar, il est de race noire et offre la myrrhe, cette résine parfumée qui servait à l'embaumement.

Le culte des Rois Mages se développe considérablement au Moyen âge. L'épisode de leur visite à Bethléem fait régulièrement partie des représentations de drames liturgiques appelés mystères et joués dans les églises. En Europe, ils sont considérés comme patrons des voyageurs et protecteurs des maisons. La croyance populaire leur attribue le pouvoir de protéger des intempéries et des maléfices dus à la sorcellerie ainsi que des maux de tête et de la fièvre.

© Le Réseau de diffusion des archives du Québec