RDAQ, Le Réseau de diffusion des archives du Québec.
 

Remonter aux sources

Dans l'Antiquité romaine, une fête avait lieu le 1er mai, journée où les esclaves ne travaillaient pas. Ce jour-là, les maîtres encourageaient le chômage de leurs esclaves qui avaient peu à voir dans cette décision. Dans le même ordre d'idées, les Romains célébraient aussi la fête des lares, ces esprits domestiques ou âmes des ancêtres devenues protectrices du foyer, des rues ou des champs. Ces curieux faits qui pourraient annoncer les prémisses d'une fête du Travail n'ont qu'un rapport lointain avec cette fête qui est davantage associée à des préoccupations récentes.

À l'origine de la suggestion d'un jour de l'année consacré à la détente et d'une fête honorant les travailleurs se trouve la prise de conscience par le monde ouvrier des conditions de travail difficiles et plusieurs revendications. Parmi celles-ci, la question des heures de travail arrive au premier plan. Au XIXe siècle, il est courant de travailler 10 à 12 heures par jour et ce, six jours par semaine. La lutte pour la journée de 8 heures fut au c?ur des revendications des travailleurs pendant des décennies et fit l'objet de nombreuses grèves.

Le premier pays à conquérir la journée de travail de 8 heures est l'Australie. La découverte des mines d'or au XIXe siècle entraîne de grands bouleversements de sorte que le pays devient colonie d'immigration et accueille de nombreux travailleurs. Dans l'effervescence des villes champignons, les syndicats ouvriers du secteur des mines prennent de l'expansion et du pouvoir. Dès 1853, la question de la diminution des heures de travail est soulevée et en 1885, certaines provinces obtiennent gain de cause sans manifestation ni grève. Ailleurs dans le monde, en Europe et en Amérique, la lutte est plus ardue.

Un peu d'histoire

La première célébration de la fête du Travail a eu lieu le 5 septembre 1882 à New York. C'est à Peter J. Macguire, secrétaire général de la Fraternité unie des charpentiers et des menuisiers de l'Amérique du Nord et membre actif de l'Ordre des Chevaliers du Travail, que revient l'idée de faire du travail une journée spéciale de congé. Lors de la réunion du Syndicat central des travailleurs de New York, il présente une motion qui suggère que le premier lundi de septembre soit une fête et un congé dédié au travail souligné par une parade dans les rues de la ville. Environ 10 000 travailleurs et travailleuses de diverses sociétés ouvrières défilent dans Union Square, sur la 5e Avenue et la 42e rue le 5 septembre 1882. La manifestation est escortée par les corps policiers. Un grand pique-nique agrémenté de discours politiques, de concerts en plein air et d'un feu d'artifice terminent la fête. Plusieurs ouvriers qui n'avaient pas eu congé de leur employeur se joignent à la fête après leur journée de travail.

L'Oregon est le premier état à avoir légalisé un congé férié de la fête du Travail le 21 février 1887 qui fixe cependant la date au premier samedi de juin. Cette date est changée en 1893 pour le 1er lundi de septembre. Au cours de l'année 1887, plusieurs autres états passent une loi semblable, mais il faut attendre l'Acte du Congrès de 1894 pour que la fête du Travail soit déclarée congé national dans la majorité des États-Unis. En 1923, la fête est reconnue officiellement dans 48 états et unifiée au premier lundi de septembre.

Au Québec, la fête est devenue légale en 1897. C'est à Montréal en 1886 qu'ont lieu les premières manifestations de la fête du Travail à l'instigation de l'Union des Cigariers. Un grand défilé regroupant 5000 participants se déroule le 3 septembre 1888 tandis qu'à Québec, il y a des célébrations en 1891 à l'occasion du Congrès des ouvriers du Dominion. Jusqu'aux années 1920 environ, une parade de fanfares et de chars allégoriques représentant diverses unions défilent dans les rues et paradent avec leurs membres.

© Le Réseau de diffusion des archives du Québec