RDAQ, Le Réseau de diffusion des archives du Québec.
 

Clin d’œil sur nos traditions

Au plan étymologique, le terme Rogations du latin Rogationes signifie demandes humbles et prières. Les Rogations désignent des cérémonies au cours desquelles les champs sont bénis pour les futures récoltes et se déroulent pendant les trois jours précédant l'Ascension qui arrive 40 jours après Pâques. Traditionnellement, le premier jour des rogations était dédié aux fenaisons, le deuxième jour, aux moissons et le troisième, aux vendanges. Les cérémonies prenaient la forme d'une longue procession à travers le village au cours de laquelle le curé et ses fidèles récitaient des prières appelées litanies qui accompagnaient les bénédictions. À l'occasion de la procession des Rogations, les croix de chemin étaient autant de points stratégiques au carrefour des terres cultivées de la paroisse et servaient de reposoir où s'arrêtait le défilé.

La cérémonie des Rogations a été instituée en l'an 469 par saint Mamert, évêque de Vienne en Dauphiné (France), à la suite d'une mauvaise période de catastrophes naturelles (tempêtes, inondations, tremblements de terre) qui s'abattirent sur la région. Pour faire cesser ces fléaux et rassurer ses fidèles, il conçut le projet de Rogations solennelles qui consistaient en un jeûne de trois jours et en prières publiques. L'observance des Rogations se généralisa dans toute la Gaule au VIe siècle par le concile d'Orléans en 511. La Rome chrétienne adopta l'usage à la fin du VIIIe siècle où elles prirent le nom de «litanies mineures» qui faisaient pendant aux «litanies majeures» réservées à la procession de la Saint-Marc le 25 avril pour la bénédiction des semences.

Les Rogations sont fixées d'après la date mobile de Pâques et peuvent donc se dérouler entre le 27 avril et le 31 mai. Dans certaines régions, on détermina que les Rogations auraient lieu les trois premiers jours de mai. Selon les croyances, il est préférable de ne pas travailler pendant ces trois jours qui doivent être consacrés à la prière et même attendre que la procession soit passée avant de semer sous peine que ses récoltes soient mauvaises.

© Le Réseau de diffusion des archives du Québec