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Clin d’œil sur nos traditions

Les confréries

Les confréries sont les premières instances mises en place dans les paroisses pour aider les curés à organiser la vie religieuse de leurs ouailles. Ces associations pieuses de laïcs sont aussi nommées congrégations. Fondée en 1664, la confrérie de la Sainte-Famille «veut inspirer une véritable et solide piété à toutes les familles chrétiennes et s'appuie surtout sur les femmes pour établir les vertus chrétiennes» (Voisine, 1971: 20). Comme la congrégation de Sainte-Anne fondée par les oblats, la confrérie de la Sainte-Famille s'adresse principalement aux femmes. La congrégation de la Très-Sainte-Vierge ou des Filles de l'Immaculée Conception regroupent les jeunes filles tandis que les jeunes garçons de la classe ouvrière adhèrent à la congrégation de Saint-Michel. Quant aux hommes, ils se rassemblent dans la ligue du Sacré-Cœur.

Les confréries du Saint-Scapulaire s'adressent à tous les fidèles et sont pendant une certaine période très répandues. L'adhésion à cette confrérie exige uniquement le port du scapulaire et quelques prières. Elle fut largement propagée par les femmes qui étaient en quelque sorte les gardiennes de la foi au sein des familles. Nombreuses sont les mères qui veillaient à ce que le scapulaire soit bien fixé aux vêtements des enfants, petits et grands, sorte de gage pour aller au ciel, passeport pour l'au-delà. Des témoignages racontent que les mères accrochaient parfois des petits sacs de camphre au scapulaire pour éloigner les maladies et préserver des effets de la grippe, double protection.

Tiers-Ordres

L'appartenance à un Tiers-Ordre est une autre façon d'exprimer sa ferveur religieuse et c'est lors de manifestations diverses comme les processions ou la mort d'un membre que l'on remarque la présence de ces associations. L'un des signes distinctifs d'un Tiers-Ordre est le costume de cérémonie.

L'ordre des Chevaliers de Colomb est une société secrète qui s'occupe d'œuvres catholiques. Il comporte une initiation et quatre échelons hiérarchiques. Cet ordre provient des États-Unis où il porte le nom Knights of Columbus et commence à s'implanter au Québec vers 1897. Son pendant féminin, Catholic Daughters of America a donné l'ordre des Filles d'Isabelle.

Ligue du Sacré-Cœur

Encouragé par les jésuites, la Ligue du Sacré-Cœur répand le culte au Sacré-Cœur qui prend une grande ampleur au début du XXe siècle. La ligue n'est pas seulement une association pieuse mais elle est aussi une œuvre d'apostolat social qui a pour objet de propager la vie chrétienne dans la famille et dans la paroisse. S'adressant spécifiquement aux hommes, les ligues du Sacré-Cœur se sont souvent transformées en groupes de pression qui manifestent à l'occasion contre le relâchement des mœurs, le paganisme et les écarts de conduite. Partout, les membres des ligues veillent aux intérêts de l'Église et aux intérêts spirituels de la communauté. Les ligueurs, comme on les appelle, sont en quelque sorte des apôtres actifs agissant sous le patronage du Sacré-Cœur, dit aussi Cœur de Jésus.

Enfants de Marie

L'association des Enfants de Marie Immaculée est une confrérie qui s'adresse aux filles. Son origine est en lien avec les apparitions de la Vierge à Sainte Catherine Labouré en 1830 dans la Chapelle de la Maison-Mère des Filles de la Charité à Paris. L'histoire rapporte que la Vierge aurait alors demandé à Catherine de fonder une confrérie des Enfants de Marie, c'est-à-dire de regrouper des jeunes filles dont les âmes seraient consacrées à son service et à son amour. Connue d'abord sous l'appellation de Congrégation de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge, son existence remonte à 1847 et aurait été établie dans les écoles dirigées par les Filles de la Charité.

L'objectif est d'amener les membres à avoir une vie chrétienne généreuse sous le patronage de la Vierge Marie. «L'association a pour but spécial d'honorer et de faire honorer Marie Immaculée par l'imitation de ses vertus, particulièrement de sa pureté, de son humilité, de son obéissance et de sa charité» (Manuel de ma consécration mariale, 1956: 21). Les Enfants de Marie doivent se soumettre aux règlements de l'association et assister régulièrement aux réunions ainsi qu'aux cérémonies dédiées à Marie. La pratique religieuse va de pair avec les modèles que l'association veut prôner : elle encourage la confession mensuelle, la communion hebdomadaire, le chapelet quotidien, les réunions de prières. La fête patronale des Enfants de Marie est le 8 décembre, même jour que la fête de l'Immaculée Conception.

L'association est divisée en sections réparties selon l'âge. Les jeunes cadettes (dès l'âge de la communion solennelle), les cadettes de la Vierge (section des 14 ans), les aspirantes comme une sorte de noviciat des Enfants de Marie (à partir de 15 ans), les Enfants de Marie (section générale des 16 à 30 ans), les Amitiés Mariales (célibataires de plus de 30 ans) et les Amitiés Familiales (section pour les femmes mariées). Chaque paroisse a son association d'Enfants de Marie qui est par contre regroupée par l'Union diocésaine. À son adhésion, l'Enfant de Marie reçoit comme insigne la médaille de l'Immaculée Conception dite médaille miraculeuse qu'elle doit porter en tout temps. Un ruban bleu, la couleur de la Vierge, est un autre signe d'appartenance à l'association. Le port est facultatif et il est surtout utilisé lors des cérémonies, spécialement à l'occasion des journées mariales tout comme l'uniforme bleu et blanc. L'insigne ou épinglette permet aux Enfants de Marie de se reconnaître entre elles.

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