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De coutume en culture

La fête de la chandeleur marque la fin du solstice d'hiver et annonce l'arrivée du printemps. En Europe comme au Québec, on attribue à certains animaux le pouvoir de prédire la date du début de la saison printanière, qui varie selon le lieu géographique. Lorsque l'ours des régions montagneuses d'Europe sort de sa tanière le 2 février et qu'il fait sombre, celui-ci reste dehors car le printemps ne tardera pas. Si par contre, le temps est clair et qu'il voit son ombre, il retourne dans sa tanière et l'hiver durera 40 jours supplémentaires. Au Québec, c'est généralement la marmotte, appelée aussi siffleux, qui est météorologiste de service. Comme dans la croyance française, si la marmotte voit son ombrage le jour de la chandeleur, c'est signe qu'il fait soleil et que l'hiver se prolongera encore six semaines. La marmotte en profitera pour rentrer dans son terrier en attendant le printemps. Certaines marmottes sont devenues célèbres grâce à leur numéro de prédiction météorologique. En Ontario, c'est Willie qui a offert ce spectacle pendant 22 ans jusqu'à sa mort en janvier 1999. Elle était la vedette du Festival de la marmotte de Wiarton. La chandeleur a donné lieu à plusieurs dictons et proverbes qui découlent de l'observation de la nature et de la sagesse populaire.

- À la chandeleur les jours rallongent de la longueur d'une chandelle
- Chandeleur couverte, quarante jours de perte
- À la chandeleur la neige est à sa hauteur 
- À la chandeleur le jour croît de deux heures
- La veille de la chandeleur l'hiver se passe ou prend vigueur
- À la chandeleur, quand le soleil fait lanterne quarante jours après il hiverne
- À la chandeleur, l'hiver s'apaise ou prend vigueur

Outre ces références au climat, le 2 février est une date utilisée comme point de repère de diverses pratiques populaires. Dans certaines communautés religieuses par exemple, il était coutume de faire son entrée dans la congrégation le jour de la chandeleur, de «prendre l'habit» ou de prononcer les vœux. Dans plusieurs paroisses du Québec, cette date était idéale pour défaire la crèche de Noël de l'église. Aussi, l'expression «payer à la chandeleur» signifie ne jamais payer.

Les crêpes

La tradition de manger des crêpes à la chandeleur remonte peut-être au Ve siècle. On dit que le pape Gélase aurait donné des crêpes aux pèlerins venus participer aux processions du 2 février à Rome. Préparées avec des aliments de base tels que le lait, les œufs et la farine, les crêpes constituent un plat idéal pour les vendredis, jours maigres. Manger des crêpes à la chandeleur est une coutume qui indique que la fin de l'hiver approche. En consommer sans retenue à l'occasion de cette fête signifie l'abondance durant toute l'année car la crêpe est un des symboles de prospérité et d'économie familiale. Plusieurs croyances viennent marquer cette coutume. Si la crêpe se retourne sans difficulté, le souhait formulé au préalable se réalisera. Faire sauter la crêpe d'une main en tenant une pièce de monnaie dans l'autre main signifie qu'on aura de l'argent toute l'année. Lancer une crêpe sur le haut d'une armoire et l'y laisser toute l'année assure le bonheur dans le foyer. En Acadie, on ne mangerait pas la dernière crêpe par crainte de manquer de farine avant la fin de l'année.

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