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De coutume en culture

Dans l'Antiquité, les Romains avaient l'habitude d'orner la table familiale de boissons et de nourriture pour s'assurer de l'abondance tout au long de l'année. Cette tradition se poursuit encore aujourd'hui car le soir de la Saint-Sylvestre, un fastueux repas accompagne souvent les festivités. Dans plusieurs pays d'Occident, la soirée de la Saint-Sylvestre donne lieu à des célébrations très animées. Alors que la fête de Noël est plutôt axée sur la famille, la Saint-Sylvestre réunit les amis, voisins et connaissances pour faire la fête. De nos jours, les festivités de la veille du jour de l'An se tiennent souvent dans des lieux publics comme les restaurants, les salles de réception ou encore dans les bars et les discothèques. Ces endroits sont abondamment décorés de guirlandes et de ballons, et on fournit confettis, trompettes et chapeaux pour l'occasion.

Enterrer l'année se fait habituellement dans l'excitation et le chahut. Une croyance ancienne veut que le bruit chasse les mauvais esprits et qu'il porte bonheur. C'est pourquoi le vacarme est associé à la fête et qu'on retrouve des coutumes comme les coups de klaxons aux Champs Élysées à l'approche des douze coups de minuit, les feux d'artifices et les coups de mortier dans les Alpes bavaroises qui rappellent les traditionnels coups de fusil ou les pétarades de tiges de bambous que l'on faisait brûler à l'occasion de la fin de l'année. De telles pratiques de désordre et de tintamarre avaient cours chez les Anciens celtes qui célébraient la fin de l'année celtique le 31 octobre. Les rituels de chaos auxquels on s'adonne à la Saint-Sylvestre marquent le passage d'une année à l'autre et symbolisent le rejet de l'ordre ancien pour qu'un ordre nouveau s'établisse.

Une nouvelle coutume qui caractérise la Saint-Sylvestre des Québécois depuis quelques décennies est de se rassembler pour visionner la soirée télédiffusée du Bye Bye. Cette émission à sketches, diffusée à partir de 23 h 00, reprend de façon humoristique les événements marquants de l'année qui se termine. La rétrospective se fait dans la bonne humeur et le bilan de l'année s'achève avec les douze coups de minuit par une invitation à se souhaiter une bonne et heureuse année ! La soirée du Bye Bye s'est rapidement installée comme une nouvelle tradition. Chaque année, l'équipe de comédiens est attendue et plusieurs spectateurs tentent de deviner quels seront les événements de l'actualité repris sous forme de sketches.

La quête

Parmi toutes les quêtes qui ont existé en Amérique française (quête de la chandeleur, du mardi-gras et de la mi-carême, de l'Halloween et de l'Enfant Jésus), la guignolée est l'une des plus répandues et des plus vivantes. Délaissée temporairement au XIXe siècle, cette quête est revenue en force, transformée, à la ville comme à la campagne. Toutes les nouvelles quêtes mises en place depuis quelques années par différents organismes ou entreprises en sont un bel exemple. La particularité de la guignolée est qu'elle n'a jamais été une collecte exclusive de fonds ou d'argent. Elle procure de la nourriture, des vêtements, des objets utilitaires, des bons d'achat chez le marchand et même des cadeaux et des friandises aux plus démunis de la communauté. Tous ces biens, souvent essentiels, permettent à ceux qui les reçoivent d'oublier pour un moment leurs difficultés. Depuis quelques décennies le porte-à-porte de la guignolée favorise davantage les dons d'argent, mais la tradition de la cueillette de victuailles est encore bien présente dans les coutumes et se pratique entre autres par le biais des écoles, des commerces et des organismes paroissiaux. Sous forme de paniers-cadeaux, les biens sont distribués aux nécessiteux.

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